Le futur de la jeunesse

feu et jeunesse

[FR] En se promenant par le parc, Paulo et Lina croissent des petits groupes de jeunes, dans certains les gens parlent, dans d’autres ils regardent les nuages, ils jouent des instruments ou, chose impensable il n’y a pas si longtemps, ils lisent des livres en papier tout en semblant s’ignorer les uns les autres. Comme la journée est ensoleillée, certains ont même apporté des paravents pliables, qui forment des coins protégés du soleil det de la vue. Paulo et Lina trouvent une place sur l’herbe, et s’asseyent près de l’un de ces jeunes, qui est allongé par terre avec les yeux fermés, sa tête perdue dans ses propres pensées.

Si les années 2010 étaient l’époque de la création, quand la production industrielle d’objets s’est démocratisé et que ses machines ont envahi les foyers, les années 2020 sont un retour à la réflexion et la simplicité. L’être humain du présent est nu, sinon littéralement, au moins métaphoriquement. La tendance c’est de faire plus avec moins, évitant toute dépense innécessaire d’énergie. Ainsi, des nombreux jeunes se voient menés vers une sorte de projectionnisme, qui demande un certain temps pour visualiser toutes les conséquences possibles avant d’entamer n’importe quelle action. Cette philosophie est perçue comme une sorte d’immobilisme apathique par la génération précédente, plus habituée à la prise rapide de décisions, au nomadisme et à l’activisme politique. Cependant, face à la collectivisation continuelle d’expériences et savoirs et à la connectivité trop présente (surtout après que c’était possible de communiquer directement avec les ordinateurs à travers les ondes neuronales), l’individualisme avait au moins le mérite de sembler quelque chose de différent. La modernité avait favorisé l’accès illimité à l’information, la postmodernité était la communication, mais maintenant le luxe ultime était le silence. Être à la mode veut dire cultiver un peu de mystère autour de sa personne, disparaître de temps en temps, taire ce que des autres n’auraient pas douté de diffuser partout.

Paulo et Lina se lèvent lentement, le soleil est caché derrière un grand bâtiment. Ils sortent de la zone d’exclusion sélective d’ondes et tous leurs appareils de communication s’allument en même temps. Après tout, il n’est pas si facile d’échapper à la civilisation.

[ES] Paseando por el parque, Paulo y Lina se cruzan con pequeños grupos de jóvenes, en algunos la gente habla, en otros miran a las nubes, tocan algún instrumento o, cosa impensable hace no mucho, leen libros en papel pareciendo ignorarse los unos a los otros. Como el día es soleado, algunos se han traido incluso paravientos plegables, que forman rincones protegidos del sol y de la vista. Paulo y Lina encuentran un lugar en la hierba y se sientan cerca de uno de estos jóvenes, que está acostado sobre el suelo con los ojos cerrados, perdido en sus propios pensamientos.

Si los años 2010 fueron la época de la creación, cuando la producción industrial de objetos se democratizó y sus máquinas invadieron los hogares, los años 2020 son un retorno a la reflexión y a la sencillez. El ser humano del presente está desnudo, si no literalmente, al menos metafóricamente. La tendencia es hacer más con menos, evitando todo gasto de energía innecesaria. Así, muchos jóvenes se ven abocados a una especie de proyeccionismo, que requiere un cierto tiempo para intentar visualizar todas las consecuencias futuras  de cualquier acción. Esta filosofía es percibida generalmente como un apático inmovilismo por la generación anterior, acostumbrada a la toma rápida de decisiones, el nomadismo y el activismo político. Sin embargo, frente a la colectivización continua de experiencias y saberes y a la conectividad demasiado presente (sobre todo después de que fuera posible comunicar directamente con los ordenadores a través de las ondas neurales), el individualismo al menos tenía el mérito de parecer algo diferente.  La modernidad había propiciado un acceso ilimitado a la información, la postmodernidad era la comunicación, pero el lujo definitivo ahora es el silencio. Estar a la moda significa cultivar algo de misterio sobre su persona, desaparecer de vez en cuando, callar lo que otros no habrían dudado difundir por todos lados.

Paulo y Lina se levantan lentamente, el sol se ha escondido detrás de un gran edificio. Salen de la zona de exclusión selectiva de ondas y todos los aparatos de comunicación se encienden de golpe. Después de todo, no es tan fácil escapar de la civilización.

[EN] Strolling across the park, Paulo and Lina get by small groups of youngsters, in some of them people talk, in others they look at the clouds, they play some instruments or even, an unthinkable thing not long ago, they read paper books seemingly ignoring each other. As the day is sunny, some have brought folding screens, that form nooks protected from the sun and from sight. Paulo and Lina found a spot on the grass, and they sit near one of these youngsters, who is lying on his back on the ground, eyes closes, lost in his own thoughts.

If years 2010 where the age of creation, when industrial production became accessible and its machines invaded all homes, years 2020 are a return to reflection and simpleness. The human being of the present is naked, if not literally, at least metaphorically. The trend is to do more with less, avoiding all unnecessary energy waste. So, many young people enter a kind of projectionism, that demands a certain time to considerate all the possible future consequences of any action. This way of living is perceived as an apathetic inmovilism by the previous generation, more used to rapid desicion taking, nomadism and political activism. However, against the continuous collectivization of experience and knowledge, and the too present connectivity (specially after it was possible to communicate directly with computers through brain waves), individualism at leas had the merit of seeming something different. Modernity had opened an unlimited access to information, postmodernity was communication, but now the ultimate luxury is silence. Being fashionable means cultivating an air of mystery around your person, disappearing from time to time, keeping quiet what others would have told everywhere.

Paulo and Lina slowly wake up, the sun is hidden behind a big building. They come out of the selective wave reduction zone, and all their communication devices light up at once. After all, it’s not so easy to escape from civilization.

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Le futur de l’environnement

936fluidification

[FR] Après 15 minutes de trajet, Paulo arrive à son rendez-vous sur l’un des nombreux couloirs écologiques qui traversent la ville. Dans une tentative désespérée pour récupérer la nature urbaine, la nouvelle maire avait ordonné d’introduire en eux des oiseaux, des hérissons, des lapins et des abeilles transgéniques, beaucoup plus résistants à la pollution. Les arbres les plus sensibles ressemblent des nuages en barbe-à-papa, leurs couronnes enveloppées par des brillantes membranes translucides et transpirables qui agissent comme filtres à air. Également, autour de la zone découverte du couloir, quelques-unes des rues les plus élégantes sont couvertes de grandes bulles d’oxygène à pression, qui protègent ses privilégiés habitants des impuretés de l’atmosphère. Dans la périphérie de la ville, pour respirer tranquillement les gens doivent se contenter de l’air traité de des grands centres commerciaux. Depuis que le changement climatique provoqua l’apparition de fréquents cyclones sur le bassin hydrographique, ceux-ci servent aussi de refuge organisé, devenant pratiquement des petites villes autonomes quand une alarme est déclenchée, et que tous les habitants des alentours se ruent vers eux.

Plus loin, sur les immenses plaines de la campagne, les terres agricoles sont en train de rétrécir, en partie grâce aux nouvelles techniques de culture verticale. À leur place s’étendent des grands terrains vides, que la politique territoriale transforme progressivement dans des réservation naturelles totalement inaccessibles, comme si ses créateurs se sentaient coupables pour les siècles d’exploitation intensive de la terre. Cependant, des nombreux rumeurs circulent sur ces zones, et certains affirment que celles-ci cachent des bases militaires sécrètes, des réserves de chasse privées ou même des centres d’expérimentation avec des humains. Face au retentissement des théories conspirationnistes, le gouvernement est en train de considérer de les ouvrir au public une fois par an, pour essayer de les calmer. Depuis que cet annonce fut publié, les rumeurs n’ont fait que grandir, et des nombreux débats ont éclaté sur qui et comment devrait entrer dans les réservations.

De tout cela, et de bien de choses encore, discutent Paulo et son amie Lina, tandis qu’ils prennent un café au lait de yak chauffé dans un thermos solaire. Lina a porté avec elle son salamandre mascotte, qui plonge dans une petite flaque, à l’extrême d’un fils presque invisible. Le ciel inhabituellement clair et la végétation qui les entoure leur fait presque oublier qu’ils se trouvent dans la ville.

[ES] Después de 15 minutos de trayecto, Paulo llega a su cita en uno de los numerosos pasillos ecológicos que atraviesan la ciudad. En un intento desesperado de recuperar la naturaleza urbana, la nueva alcalde había ordenado introducir en ellos pájaros, erizos, conejos y abejas transgénicos, mucho más resistentes a la polución. Los árboles más sensibles parecen estar hechos de algodón de azúcar, sus copas englobadas en brillantes membranas translúcidas y transpirables que actúan como filtros de aire. Asimismo, alrededor de la zona descubierta que supone el pasillo, algunas de las calles más elegantes están cubiertas por grandes burbujas de oxígeno a presión, que protegen a sus privilegiados habitantes de las impurezas de la atmósfera. En la periferia de la ciudad, para respirar tranquilamente la gente tiene que contentarse con el aire procesado de los grandes centros comerciales. Desde que el cambio climático provocara la aparición de frecuentes ciclones sobre la cuenca fluvial, éstos sirven también de refugio organizado, convirtiéndose prácticamente en pequeñas ciudades autónomas cuando se declara una alarma y todos los habitantes de los alrededores acude precipitadamente a ellos.

Más allá, sobre las inmensas planicies del campo, las tierras agrícolas están en retroceso, en parte debido a las nuevas técnicas de cultivo vertical. En su lugar se extienden grandes eriales, que la política territorial transforma progresivamente en reservas naturales totalmente inaccesibles, como si sus creadores se sintieran culpables por los siglos de explotación indiscriminada de la tierra. Sin embargo, numerosos rumores circulan sobre estas zonas, y hay quien afirma de que éstas ocultan bases militares secretas, cotos de caza privados o incluso de centros de experimentación con humanos. Frente a la insistencia de las teorías conspiracionistas, el gobierno se está planteando abrirlas al público una vez al año, esperando calmarlas. Desde que este anuncio fue publicado, los rumores no han hecho sino crecer, y se han suscitado innumerables debates sobre quién debería entrar a las reservas.

De ésto y de otras cosas discuten Paulo y su amiga Lina, mientras toman un café con leche de yak calentado en un termo solar. Lina se ha traído su salamandra mascota, que ahora se zambulle en un pequeño charco, al extremo de un hilo casi invisible. El cielo inusitadamente limpio y la vegetación que los rodean les hacen casi olvidar que se encuentran en la ciudad.

[EN] After 15 minutes of travel, Paulo arrives at his meeting on one of the many ecological corridor that extend across the city. In a desperate attempt to recover urban nature, the new major had ordered to introduce transgenic birds, hedgehogs, rabbits and bees in them, much more resistant to pollution. The most sensible trees look like they’re made of cotton sugar, their tops covered in brilliant, translucent and transpirable membranes, that act as air filters. In the same way, around the uncovered area of the corridor, some of the most elegant streets are covered by big pressurized oxygen tents, protecting their priviledged inhabitants from atmospheric impurities. In the city suburbs, to breath normally, people have to resign to the processed air of shopping centers. Since climatic change provoked the emergence of tornados over the drainage basin, these also serve as organized refuges, becoming practical autonomous cities when an alert is declared, and all the surrounding inhabitants rush to them.

Far away, on the endless plains of the countryside, agricultural lands are shrinking, partly due to the new vertical culture techniques. In their place, large badlands extend, that land management politics turn into totally closed natural reservations, as their creators felt guilty from centuries of careless exploitation of the land. However, numerous rumors about these zones run around, and some claim that these hide secret military bases, private hunting grounds or even centers that experiment with humans. Faced with the lasting impact of conspirationist theories, the government is considering opening them to the public one a year, trying to calm them down. Since this information was published, the rumors have only continued to grow, inducing endless debates about who should enter the reservations and why.

All this, and many more things, are discussed by Paulo and his friend Lina, as they drink coffee with yak milk, heated in a solar thermos. Lina has brought her salamander pet, that now dives into a small puddle, at the end of an almost invisible string. The unexpectedly clear sky and the vegetation around them make them almost forget they are in the city.

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