Le futur de la géographie de l’internet

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[FR] « Welcome to the Eastern Intranets » proclame un reluisant carré sur le navigateur de salon de Paulo, qu’il regarde en mâchouillant des dés de canne à sucre. Passé le premier quart du XXIe siècle, l’internet est en pleine phase de désagrégation, avec plusieurs noyaux locaux. Tout à commencé avec l’établissement d’un nouveau réseau parallèle reliant les pays de l’Amérique du Sud, dans le but de réduire leur dépendance du nord à niveau des connections. Il avait aussi l’objectif de tenter de résister à l’espionnage insistent de la machine de guerre virtuelle étasunienne contre le « terrorisme » (en combinaison avec l’utilisation de logiciels locaux de code source ouvert).

Aujourd’hui, un grand cluster informatique relie l’Amérique du Nord avec le nord de l’Europe et les pays de la Commonwealth, un autre s’avance depuis l’Afrique vers les anciens pays colonisateurs, un autre encore couvre le sud de l’Amérique et un quatrième agrégé tentaculaire englobe les principales nations asiatiques, sans compter les intranets enclavées comme celles de l’Europe de l’Est, de l’Union des Pays Arabes ou même le fameux intranet Vatican. Des nombreux pays comptent aussi des alt-nets de serveurs décentralisés, conçues par des groupuscules crypto-anarchistes, mais leur fonctionnement reste trop opaque pour le restant de la population.

À vrai dire, l’obligation d’utiliser des permis d’accès pour chaque réseau a transformé la navigation web internationale en un expérience pénible. La plupart des utilisateurs se contentent ainsi des services pré-installées sur leurs dispositifs portatifs, communiquant uniquement avec leur réseau local à travers l’internet verbal. Cependant, pour quelques centaines de pièces électroniques, on peut obtenir des permissions diplomatiques trafiquées pour accéder à des réseaux étrangers, qui sont échangées sur les marchés noirs du net. Il existerait même des passerelles sécrètes reliant directement les réseaux entre eux, gouvernementales mais non-officielles, ou bien concoctées par des experts de la connectivité connus populairement sous le nom de golden riders.

Pour les gens ordinaires avec moins d’argent et plus de patience, des expéditions de récolte d’information sont organisées régulièrement par les grands organismes administratifs de chaque sub-région. Paulo s’est inscrit pour une visite les Intranets de l’est de l’Asie, mais il a dû attendre quelques jours pour que le nombre minimal de participants soit atteint. Maintenant, il a juste quelques heures pour recueillir de l’information pour ses recherches. Cette méthode est supposé garantir la sécurité des visiteurs, mais sans doute qu’elle sert aussi à mieux surveiller toutes leurs activités. Malheureusement, cette fragmentation est moins le symbole d’un quiconque pouvoir démocratique que des envies impérialistes des nouvelles grandes puissances, et il a donc l’effet pervers d’augmenter les préjuges nationalistes. Paulo le sait, et envie les jours où la vision des autoroutes d’information qui traversaient le globe pouvait être touchée au bout des doigts.

[ES] « Welcome to the Eastern Intranets » proclama un reluciente cuadrado en el navegador de salón de Paulo, al cual mira mientras masca dados de caña de azúcar. Después del primer cuarto del siglo XXI, internet se encuentra en plena fase de desagregación, con varios núcleos locales. Todo comenzó con el establecimiento de una nueva red paralela uniendo los países de América del Sur, con el objetivo de reducir su dependencia del norte a nivel de conexiones. También tenía la meta de intentar resistir al insistente espionaje de la máquina de guerra virtual estadounidense contra el « terrorismo » (en conjunción a la utilización de programas locales de código abierto).

Hoy en día, un gran cluster informático conecta América del Norte con el Norte de Europa y con los países de la Commonwealth, otro avanza desde África hacia los antiguos países colonizadores, otro cubre el sur de América y un cuarto agregado tentacular engloba las principales naciones asiáticas, sin contar las intranets enclavadas como las de Europa del Este, la Unión de Países Árabes o incluso el famoso intranet Vaticano. Numerosos países cuentan también con sus alt-nets de servidores descentralizados, concebidas por grupúsculos cripto-anarquistas, pero su funcionamiento todavía es demasiado opaco para el resto de la población.

En realidad, la obligación de utilizar permisos de acceso para cada red a convertido la navegación web internacional en una experiencia detestable. La mayoría de los utilizadores se contentan así de los servicios pre-instalados en sus dispositivos portátiles, comunicándose únicamente con su red local a través del internet verbal. Sin embargo, por unos centenares de monedas electrónicas, se pueden obtenir permisos diplomáticos alterados para acceder a las redes extranjeras, que son intercambiados en los mercados negros de la red. Incluso existirían pasarelas secretas conectando directamente las redes entre ellas, gubernamentales pero no oficiales, o bien inventadas por expertos de la conectividad conocidos popularmente bajo el nobre de golden riders.

Para la gente ordinaria con menos dinero y más paciencia, existen expediciones regulares de recogida de información que son organizadas regularmente por los organismos administrativos de cada sub-región. Paulo se ha inscrito en una visita de las Intranets del este de Asia, pero a debido esperar unos días a que el cupo se complete. Ahora, sólo dispone de unas horas para recoger información para sus investigaciones. Este método se supone que garantiza la seguridad de los visitantes, pero sin duda también sirve a vigilar mejor todas sus actividades. Desgraciadamente, esta fragmentación es menos significativa de un poder democrático cualquiera que de las ansias imperialistas de las nuevas grandes potencias, y produce por lo tanto el efecto perverso de aumentar los prejuicios nacionalistas. Paulo lo sabe, y envidia los días en los cuales la visión de las autopistas de la información atravesando el globo podía tocarse con las yemas de los dedos.

[EN] « Welcome to the Eastern Intranets » proclaims a glistening square in Paulo’s home navigator, which he looks as he chews some sugarcane dices. Since the first quarter of the XXIst century, internet is in a big phase of atomization, with several local attractors. It all started with the setting of a new parallel network linking the countries of South America, with the goal of reducing their connection dependency to the North. It also had the objective of trying to limit the spying of the North-american cyber-war machine against « terrorism » (in combination with the use of locally-brewed open-source software).

Nowadays, a huge cluster connects North America with Northern Europe and the Commonwealth countries, another one spreads from Africa towards the former colonizing nations, another covers the south of America and a fourth aggregate comprises the main Asian nations, apart from the enclosed intranets such as those in Easter Europe, the Arab Countries Union or even the famous Vatican intranet. Many countries also have their own alt-nets of distributed servers, conceived by small groups of crypto-anarchists, but their use is still too obscure for the rest of the population.

In fact, the need of using access permissions for each network has transformed international web navigation into a pitiful experience. Most users contempt themselves with the pre-installed services on their portable devices, communicating only with their local network through the verbal internet. However, for some hundred electronic coins, one can buy altered diplomatic permissions to access the foreign networks, that are exchanged on the net’s black markets. There would be even secret passages that connect directly the different networks, non-official but made by governments, or else invented by connectivity experts commonly known as golden riders.

For ordinary people with less money and more patience, there are regular information gathering expeditions that are regularly organized by the administration organisms of each sub-region. Paulo has signed in for a visit of the South-eastern Intranets, but he has had to wait for some days for the list of people to complete. Now, he only has some hours to gather all the information he needs for his research. This method is supposed to make sure the visitors are safe, but it doubtlessly also helps to track all their activities. Unfortunately, this fragmentation is less a result of any democratic power than of the imperialistic aims of the new super-powers, and has this way the negative effect of increasing nationalistic prejudice. Paulo knows it, and he lingers for the days when the vision of the information highways getting across the globe could be touched with the tips of the fingers.

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