Le futur de l’Europe

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[FR] Le ciel ennuagé annonce déjà les premières pluies de l’automne sur la piste d’atterrissage de l’aéroport d’Orly. Depuis l’effondrement de la zone Euro, la puissance économique de l’Union s’est déplacé vers l’Est, vers les pays où la pénétration de la monnaie avait été moindre et où le développement industriel était encore possible. Des lors, chaque fois que le vent souffle vers l’ouest il emporte avec lui des promesses de pluies acides. En sortant de l’aéroport, Paulo croise des jeunes qui occupent le trottoir devant une chaine bouthanaise de fast-food écologique. Ils sortent de leurs sacs des petits émetteurs qui, bien calibrés, leur permettent d’annuler l’effet des fréquences sonores aiguës (de type « moustique ») censées éloigner les mineurs de certaines zones.

De retour vers la ville, les passagers fatigués se reposent autour de leurs grands et dangereux bagages, capables de lancer des décharges électriques sur les potentiels voleurs, tandis qu’ils regardent des nouvelles sur des projections holographiques autour de leurs têtes. Des musiciens, des mendiants et des acrobates tentent vaguement de capter leur attention, mais ils arrivent à peine à rester repérables dans le brouhaha numérique. Le train aérien traverse le boulevard périphérique, qu’un maire imprudent, dans un moment de panique, avait proposé de transformer en muraille pour séparer le centre de la ville de sa banlieue devenue incontrôlable. Ils passent à côté d’anciens entrepôts de vin, des HLM et des restes de l’ancien réseau de chemins de fer. De son côté, Paulo semble perdu dans des profondes pensées.

L’Europe. Ça fait déjà six ans que Paulo y habite, après avoir quitté son Brésil natal grâce à une bourse d’études. Les gens lui demandent encore « Qu’est-ce que t’a poussé à venir ici ? Il te manque pas, ton pays ? ». À vrai dire, quand il a déménagé, il imaginait déjà ce qui allait lui attendre, mais la perspective d’étudier la sociologie sur le vieux continent l’attirait encore plus que les possibilités de gain rapide. Après tout, les écoles européennes, même si elles sont jugées comme vétustes, conservent encore une partie de leur prestige d’antan. Contrairement à la plupart de son entourage, Paulo ne croit pas en un progrès linéaire et imparable de la civilisation, qu’on pourrait comparer à un machiniste impuissant face à l’avancement du train technologique qu’il est supposé diriger. Plutôt, il croit en la puissance des lobbys, et à l’existence de personnes, bien réelles, qui poussent la recherche et le développement dans l’un ou l’autre sens. Ils sont ce qu’il appelle les meneurs du bateau.

Une demi-heure plus tard, Paulo arrive enfin à sa rue. Il ouvre la porte de son appartement et laisse s’échapper un profond soupir. Malgré tout ce que certains gens puissent penser sur son statut d’immigré, il fait toujours bien de retourner à ce qu’il considère déjà depuis longtemps comme sa véritable maison.

[ES] El cielo nublado anuncia ya las primeras lluvias del otoño sobre la pista de aterrizaje de Orly. Desde la caída de la zona Euro, el poder económico de la Unión se ha desplazado hacia el Este, hacia países donde la aceptación de la moneda había sido menor y en los cuales el desarrollo industrial todavía era posible. Desde entonces, cada vez que el viento sopla hacia el oeste, trae con el promesas de lluvias ácidas. Al salir del aeropuerto, Paulo se cruza con unos jóvenes que ocupan la acera delante de una cadena bhutanesa de fast-food ecológico. Sacan de sus mochilas pequeños emisores que, bien calibrados, les permiten de contrarrestar el efecto de las frecuencias sonoras agudas (de tipo « mosquito ») que están pensadas para alejar a los menores de ciertas zonas.

De vuelta a la ciudad, los pasajeros fatigados descansan alrededor de sus grandes y peligrosos equipajes, capaces de lanzar descargas eléctricas a los ladrones potenciales, mientras miran las noticias sobre proyecciones holográficas alrededor de sus cabezas. Músicos, mendigos y acróbatas intentan vagamente captar su atención, pero a penas consiguen a permanecer visibles en medio del barullo digital. El tren aéreo atraviesa la cintura periférica, que un alcalde imprudente, en un momento de pánico, había propuesto transformar en muralla para separar el centro urbano de su periferia vuelta incontrolable. Pasan al lado de antiguos almacenes de vino, de edificios de protección oficial y de restos de la antigua red ferroviaria. Por su parte, Paulo parece perdido en profundos pensamientos.

Europa. Ya hace seis años que Paulo vive en ella, después de haber dejado su Brasil natal gracias a una beca de estudios. Hay gente que todavía le pregunta « ¿Qué te ha llevado a venir aquí? ¿No echas de menos tu país? ». En realidad, cuando se mudó, Paulo ya imaginaba lo que le esperaba, pero la perspectiva de estudiar sociología en el viejo continente le atraía más que las posibilidades de enriquecerse rápidamente. Después de todo, las escuelas europeas, incluso si son juzgadas como vetustas, conservan todavía parte de su prestigio de antaño. Al contrario de la mayoría de la gente de su entorno, Paulo no cree en el progreso lineal e imparable de la civilización, que a veces podría parecer un maquinista impotente frente al avance del tren tecnológico que se supone que debe dirigir. Más bien, cree en el poder de los lobbys, y a la existencia de personas, bien reales, que conducen la investigación y el desarrollo en un sentido o en otro. Son lo que él llama los conductores del barco.

Una media hora más tarde, Paulo llega por fin a su calle. Abre la puerta de su piso y deja escapar un profundo suspiro. A pesar de lo que cierta gente pueda pensar sobre su estado de inmigrante, siempre es bueno volver a la que considera su casa desde hace ya bastante tiempo.

[EN] The cloudy sky announces the first showers of autumn over the Orly airport’s landing area. After the fall of the Euro zone, the economic power of the Union had shifted towards the East, towards the countries where the currency’s acceptation had been lower, and where industrial development was still possible. Ever since then, each time the wind blows towards the west, it brings with it the promises of acid rain. Coming out of the airport, Paulo gets across some youngsters who occupy the lane in front of an ecological Bhutanese fast-food chain. They take out of their bags small emitters that, once tuned, allow them to suppress the effect of high range sound frequencies (of the « mosquito » kind) planned for keeping minors away from certain places.

Going back to the city, tired passengers rest themselves among their big and dangerous luggage, that can produce electric discharges to dissipate potential thieves, as they watch the news over the holographic projections around their heads. Musicians, beggars and acrobats vaguely strive to catch their attention, but they barely manage to remain visible in the digital hubbub. The aerial train traverses the peripheral belt, that an imprudent major, in a moment of panic, proposed turning into a wall to separate the city center from its suburbs turned out of control. They pass besides old wine storehouses, housing estates and the rests of the old railroad system. For his part, Paulo seems lost in deep thoughts.

Europe. It’s been six years Paulo lives in it, after having left his native Brazil thanks to a scholarship. Some people still ask him « What brought you here? Don’t you miss your country? ». In fact, when he moved here he already imagined what was waiting for him, but the perspective of studying sociology attracted him more than the possibilities of getting rich fast. After all, European schools, even if viewed as archaic, still retained part of their prestige of yesterday. Contrary to most of the people from his environment, Paulo does not believe in the lineal and unstoppable progress of civilization, that could be compared to a powerless machinist trying regain control of the technologic train he’s supposed to direct. Rather, he believes in the power of lobbies and the existence of people, real people, that drive research and development towards one sense or the other. They are what he calls the boat conductors.

Half an hour later, Paulo finally arrives at his street. He opens his apartment’s door and breaths a long sigh of relief. Whatever some people may think on his situation as an immigrant, it always feels good to come back to what he has considered his home for quite a long time.

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Le futur de l’agriculture

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[FR] Bienvenue à Bwakaré, pense Paulo, au moment où il perçoit la première ville pleinement intégrée dans l’écosystème de la forêt pluvieuse, dans le sud de la Dominique. À différence des villes industrielles avec des énormes zones stériles autour d’elles, Bwakaré a été conçue comme une continuation de la forêt, avec des franges tentaculaires de la même que la traversent, s’étendant sur les cours d’eau. L’érosion ne l’affecte pas beaucoup, car ses bâtiments se lèvent sur des énormes troncs d’arbres. Les maisons ont des formes polygonales ou bien globulaires, s’insérant naturellement entre les branches. Ses murs sont constitués de lames de champignons lignicoles et de poulpe de bois polymérisée, et ses chambres sont très fraîches grâce à ses ouvertures en dentelle. Elles sont aussi connectées par des passerelles tendues entre elles. Un système de jardins forestiers agit comme un tampon entre la nature sauvage et le centre urbain.

Les jardins sont organisés autour d’un ensemble bassins d’eau de pluie, récréant des îlots, séparés par des passages qui servent aussi à évacuer l’excès d’eau. Les jeunes pousses sont protégés dans des serres faites de membranes translucides d’agarose et de protéine de toile d’araignée, qui couvrent des arcs de bambou courbés en utilisant de la chaleur. Au fond, un puits d’eau hydrate toute la structure et dans l’extrême contraire une porte en sphincter réduit la perte d’eau. Ces serres sont moins résistantes que celles en plastique, mais quand elles se dégradent, les copeaux qui se dégagent des parois nourrissent les plantes de son intérieur. Suite à la crise alimentaire de 2018, quand le rendement des cultures a chuté, on a hybridisé les espèces végétales avec ses ancêtres (trouvés sur des sites archéologiques) pour renouveler leur génome. Aujourd’hui, autour des zones agricoles règne une grande activité. Les réseaux communes de mycorrhyzes sont modifiés pour favoriser la biodiversité, et ils sont même utilisés pour obtenir de l’énergie et de l’information sur la santé de la forêt. En plus, certaines tâches agricoles sont maintenant moins dures grâce à des petits ballons de transport remplis d’hydrogène, qui adaptent leur propre flottabilité pour permettre de soulever et déplacer des grands poids sans à peine de l’effort.

Paulo entre dans une grande salle de réunion par le toit, qui est couvert des plantes tubéreuses. Autour du puits de lumière central, les voix de trois générations d’habitants de la forêt s’entremêlent. Des petites bougies brûlent à l’intérieur de lampes faites d’éponges ramassées de la mer, dégageant un odeur âcre et des voutes de fumée qui virevoltent dans la clarté de la salle. Il y a longtemps, le mouvement écotonique a souffert une scission idéologique, opposant ceux qui pensaient que la perte de vies humaines est le prix à payer pour le retour à la nature et ceux qui ne l’acceptaient pas, cherchant un équilibre entre nature et technologie. Cette communauté appartient au premier groupe, de sorte que les morts par maladie, accident ou vieillesse font partie de leur quotidien. Même parfois des serpents trigonocéphales entrent dans la ville et piquent les gens, malgré les efforts en continu de les maintenir éloignés. Pour ces raisons, Paulo porte toujours avec lui un sac avec des antidotes et des médicaments divers quand il visite les écologistes primaires car, s’il venait à lui arriver quelque chose, il sait qu’il serait entièrement à son sort.

[ES] Bienvenidos a Bwakaré [Buacaré], piensa Paulo, en el momento en el que vislumbra la primera ciudad plenamente integrada en el ecosistema de bosque tropical, en el sur de la Dominica. A diferencia de las ciudades industriales con sus enormes zonas estériles alrededor, Buacaré ha sido concebida como una continuación del bosque, con franjas tentaculares de la misma que la atraviesan, extendiéndose a través de los cursos de agua. La erosión no le afecta prácticamente, ya que sus edificios se yerguen sobre enormes troncos de árboles. Las casas tienen formas poligonales, o bien globulares, insertándose naturalmente entre las ramas. Sus muros están constituidos de láminas de hongos lignícolas y de pulpa de madera polimerizada, y sus habitaciones son muy frescas gracias a sus aberturas en celosía. Además, están conectadas por pasarelas tendidas entre ellas. Un sistema de jardines forestales actúa como un tampón entre la naturaleza salvaje y el centro urbano.

Los jardines están organizados alrededor de un conjunto de lagunas de agua de lluvia, formando islotes, separados por pasajes que sirven también como canales de desagüe. Los brotes jóvenes están protegidos al interior de invernaderos hechos de membranas de agarosa y de proteína de tela de araña, que cubren arcos de bambú curvados aplicando calor. Al fondo, un pozo de agua hidrata toda la estructura, y en el extremo contrario una puerta tipo esfínter reduce la pérdida de agua. Estos invernaderos son menos resistentes que los de plástico, pero cuando envejecen, los copos que caen de las paredes nutren las plantas de su interior. Después de la crisis alimentaria de 2018, cuando el rendimiento de los cultivos cayó en picado, las especies vegetales fueron hibridadas con sus ancestros (encontrados en los yacimientos arqueológicos) con el fin de renovar su genoma. Hoy, alrededor de las zonas agrícolas reina una gran actividad. Las redes comunes de micorrizas son modificadas para favorecer la diversidad de especies, y son incluso utilizadas para obtener energía e información sobre la salud del bosque. Además, algunas tareas agrícolas son ahora menos duras gracias a los pequeños globos de transporte rellenos de hidrógeno, que adaptan su propia flotabilidad para permitir levantar y desplazar grandes pesos sin apenas esfuerzo.

Paulo entra en una gran sala de reunión por el techo, que está cubierto de plantas tuberosas. Alrededor de un pozo de luz central, las voces de tres generaciones de habitantes del bosque se entremezclan. Hay unas pequeñas velas encendidas dentro de lámparas hechas de esponjas recogidas del mar, que sueltan un olor acre e hileras de humo que ascienden y giran en la claridad de la sala. Hace mucho tiempo, el movimiento ecotónico sufrió una escisión ideológica, que oponía aquellos que pensaban que la pérdida de vidas humanas era el precio a pagar por volver a la naturaleza y aquellos que no la aceptaban, buscando un equilibrio entre naturaleza y tecnología. Esta comunidad pertenece al primer grupo, de manera que las muertes por enfermedad o accidente forman parte de su vida cotidiana. A veces incluso las serpientes têt-chien entran en la ciudad y matan a la gente, a pesar del esfuerzo continuo para mantenerlas alejadas. Por estas razones, Paulo siempre lleva consigo una mochila con antídotos y medicamentos diversos cuando visita los ecologistas primarios porque, si llegara a ocurrirle algo, sabe que su suerte dependería totalmente de él.

[EN] Welcome to Bwakaré [Bwacary], thinks Paulo, as he glances the first city to be fully integrated with the rainforest ecosystem, in the south of Dominica. Different from all industrial cities with their surrounding lifeless areas, Bwacary has been conceived as an extension of the forest, and tentacular fringes of it traverse the city, spreading along the water courses. Erosion does not affect it greatly, as its buildings stand on enormous tree trunks. Houses have either polygonal or globulous shapes, that fit naturally among the branches. Their walls are made of wood-eating mushrooms and polymerized wood, and their rooms are very fresh thanks to their grid-like openings. Also, they’re connected by rope bridges stretched between them. A system of forest gardens acts as a buffer between wild nature and the urban center.

Gardens are organized around a series of rainwater ponds, creating islands, divided by passages that also serve to drain excess water. Young sprouts are protected in greenhouses made of translucent agarose and spiderweb protein membranes, which cover bamboo arcs that are curved by heat bending. At the deep end, a water well keeps all the structures humid, and on the other end a sphincter door reduces water loss. These greenhouses are less resistant that those in plastic, but when they get weary, the flakes that fall from them feed the plants inside. After the 2018 food crises, when crop performance rates dropped, vegetable species were hybridized with their ancestors (found on archeological sites) with the goal of renewing their genome. Today, a great activity reigns around agricultural areas. Common mycorrhizal networks are modified to increase biodiversity, and are even used to gather energy and information of the forest’s health. Moreover, some agricultural tasks are now less straining thanks to small hydrogen-filled balloons, that adapt their floating level in order to lift and displace heavy weights with little effort.

Paulo enters a big meeting room through the roof, which is covered by tuberous plants. Around the central light well, the voices of three generations of forest dwellers interweave with each other. Small candles burn inside sea sponges taken from the sea, expelling an acrid smell and smoke spirals that turn and roll in the room’s clarity. Long ago, the ecochthonic movement suffered an ideologic split, that opposed those who thought that life was the price to pay for coming back to nature and those who did not accept it, opting for a balance between technology and nature. This community belongs to the first group, so deaths by illness or accident make part of their daily lives. Sometimes, even têt-chien snakes kill people, notwithstanding the continuous effort to keep them away. For these reasons, Paulo always carries with him a bag with antidotes and diverse medicines when visiting primary ecologists as, it something came to happen to him, he knows that he would depend entirely on his own.

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Avant / Anteriormente / Previously: Le futur de la géographie de l’internet.

Dominica from A to Z

[Désolé, cet article est disponible uniquement en anglais]
[Lo siento, este artículo está disponible unicamente en inglés]
[Sorry, this article is only available in English]

Agouti

The largest wild mammal on the island looks like an oversized guinea pig. Its meat is known to be very tasty.

Bala

This neg mawon (escaped slave) chief was captured in 1786 and brought to Fort Young of Roseau for interrogation. He was then attached to a metal frame and exposed in Roseau’s market until he died one week later.

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Buy the jungle. Now you can do it.

Bush rhums

These homemade herbal liquors combine cask rhums of 60% ABV with a wide variety of local plants and herbs. Varieties have names like spice, nannie, pueve and bois bandé.

Callaloo soup

Popular herb soup from the West Indies, containing spinach, parsley, thyme and other herbs. An enhanced version can contain crab, shrimps, pork and garlic bread.

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Can you spot the lizard?

Chaudière

One of the many waterfalls of the island, where the bubbling water looks like it’s boiling.

Digicel vs Lime

These two mobile communication giants fight over the control of the island. You’ll find their ads all over the place.

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Send your relatives a postcard despicting a disaster in the place you’re visiting. I find this concept very interesting.

French place names

Names such as « la plaine » or « la savanne » speak of the French colonial past, but they seem have been chosen at random as they designate quite hilly localities.

Giant African Snail

This is an invasive species. If you see it, report it!

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Chaudière. It bubbles but it’s not hot.

Hand-painted signs

They’re pretty common, advertising everything from bars and other services, and displaying public awareness campaigns. However, orientation panels are almost nonexistent.

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Coral fragment in Champagne beach.

Kalinago

The inhabitants of Dominica before the arrival of Europeans (called « caribs » by them). Nowadays, most of them live in the Kalinago territory (recognized since 1903).

The Crayfish river village has a Kassav Bakery and is an important craftmanship center.

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Dominica’s best roller-coaster.

Kubuli

« The beer we drink ». Kubuli beer is a lager ale… now also property of Digicel.

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Eastern, Atlantic coast.

Homophobia

Gays in Dominica can be arrested and put in prison for ten years. So be careful out there.

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Hand-painted sign.

Ital

The rasta philosophy of eating only natural « vital » ingredients. Vegetarian dishes are relatively common.

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Hello land crab.

Longevity

Dominica is home to twenty-two recorded centenarians, including a 128-y-o woman who was possibly one of the oldest in history (check).

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House on piloti.

Mountain Chicken

This giant, edible frog is an endangered species. Don’t hunt it, don’t eat it!

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Mist descends upon Freshwater Lake.

Pilotis

Many Caribbean houses are built above the ground to prevent flooding. Some houses in Dominica stand on stakes more than 2 meters high!

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Muddy waters of Roseau river after the rain.

Portsmouth

Originally designated to be the capital of the island, inside a big bay, it was finally discarded (in favour of Roseau) because the swamps that surounded it could induce disease on the population.

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Mysterious chubby white fruit.

Provision Pie

Grated vegetable pie made of provisions, which are starchy ground roots such as dasheen or kassav, or fruits such as breadfruit. Yum!

Tannia (or taia [Kalinago], dasheen [English], Dachine [French]) is a tuber plant with big leaves that can be seen all along the roadsides. Dasheen puffs are an speciality of the west of the island.

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Neg Mawon Emancipation Monument in Roseau.

Rivers

Legend says there are 365 of them, one for each day of the year. In any case (with up to 374 mm of rain a month), there are a lot of them.

The high part of the island contains catchment areas, reservoirs and power stations that provide the cities on fresh water and energy.

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Red butterfly coconut.

Roseau

The island’s capital, and the first European settlement, takes its name from the « roseau » reeds that used to grow on the Roseau river delta.

Fort Young in Roseau (nowadays a hotel) played an important role on the history of the country, and in the successive invasions of the island by the French and the English.

See Lennox Honychurch’s site for more details on the history of the island.

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We got pas this sign and we survived.

Sisserou Parrot

One of the two endemic local species of parrot. It’s a highly endangered species. You can spot it in Dominica’s coat of arms.

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Star grid.

Sukie’s Bread

« Eat Sukie’s Bread by Choice, not by Chance. » Bread in Dominica is quite good.

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Star-shaped Mahogany fruit.

Sustainability

Renewable energy is progressively developed, and organic farming and environmental awareness are proposed as a strong touristic argument.

See Sustainable Earth’s site for more details on renewable energies on Dominica.

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The sky above has been sequestered by hanging cables.

Wai’tikubuli

The original kalinago name of the island, which means « tall is her body ».

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Treelike ferns / Trafalgar falls.

Zandoli

Tree lizards, in Dominica they’re mostly brown.

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Welcome to Venus.

Le futur de la géographie de l’internet

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[FR] « Welcome to the Eastern Intranets » proclame un reluisant carré sur le navigateur de salon de Paulo, qu’il regarde en mâchouillant des dés de canne à sucre. Passé le premier quart du XXIe siècle, l’internet est en pleine phase de désagrégation, avec plusieurs noyaux locaux. Tout à commencé avec l’établissement d’un nouveau réseau parallèle reliant les pays de l’Amérique du Sud, dans le but de réduire leur dépendance du nord à niveau des connections. Il avait aussi l’objectif de tenter de résister à l’espionnage insistent de la machine de guerre virtuelle étasunienne contre le « terrorisme » (en combinaison avec l’utilisation de logiciels locaux de code source ouvert).

Aujourd’hui, un grand cluster informatique relie l’Amérique du Nord avec le nord de l’Europe et les pays de la Commonwealth, un autre s’avance depuis l’Afrique vers les anciens pays colonisateurs, un autre encore couvre le sud de l’Amérique et un quatrième agrégé tentaculaire englobe les principales nations asiatiques, sans compter les intranets enclavées comme celles de l’Europe de l’Est, de l’Union des Pays Arabes ou même le fameux intranet Vatican. Des nombreux pays comptent aussi des alt-nets de serveurs décentralisés, conçues par des groupuscules crypto-anarchistes, mais leur fonctionnement reste trop opaque pour le restant de la population.

À vrai dire, l’obligation d’utiliser des permis d’accès pour chaque réseau a transformé la navigation web internationale en un expérience pénible. La plupart des utilisateurs se contentent ainsi des services pré-installées sur leurs dispositifs portatifs, communiquant uniquement avec leur réseau local à travers l’internet verbal. Cependant, pour quelques centaines de pièces électroniques, on peut obtenir des permissions diplomatiques trafiquées pour accéder à des réseaux étrangers, qui sont échangées sur les marchés noirs du net. Il existerait même des passerelles sécrètes reliant directement les réseaux entre eux, gouvernementales mais non-officielles, ou bien concoctées par des experts de la connectivité connus populairement sous le nom de golden riders.

Pour les gens ordinaires avec moins d’argent et plus de patience, des expéditions de récolte d’information sont organisées régulièrement par les grands organismes administratifs de chaque sub-région. Paulo s’est inscrit pour une visite les Intranets de l’est de l’Asie, mais il a dû attendre quelques jours pour que le nombre minimal de participants soit atteint. Maintenant, il a juste quelques heures pour recueillir de l’information pour ses recherches. Cette méthode est supposé garantir la sécurité des visiteurs, mais sans doute qu’elle sert aussi à mieux surveiller toutes leurs activités. Malheureusement, cette fragmentation est moins le symbole d’un quiconque pouvoir démocratique que des envies impérialistes des nouvelles grandes puissances, et il a donc l’effet pervers d’augmenter les préjuges nationalistes. Paulo le sait, et envie les jours où la vision des autoroutes d’information qui traversaient le globe pouvait être touchée au bout des doigts.

[ES] « Welcome to the Eastern Intranets » proclama un reluciente cuadrado en el navegador de salón de Paulo, al cual mira mientras masca dados de caña de azúcar. Después del primer cuarto del siglo XXI, internet se encuentra en plena fase de desagregación, con varios núcleos locales. Todo comenzó con el establecimiento de una nueva red paralela uniendo los países de América del Sur, con el objetivo de reducir su dependencia del norte a nivel de conexiones. También tenía la meta de intentar resistir al insistente espionaje de la máquina de guerra virtual estadounidense contra el « terrorismo » (en conjunción a la utilización de programas locales de código abierto).

Hoy en día, un gran cluster informático conecta América del Norte con el Norte de Europa y con los países de la Commonwealth, otro avanza desde África hacia los antiguos países colonizadores, otro cubre el sur de América y un cuarto agregado tentacular engloba las principales naciones asiáticas, sin contar las intranets enclavadas como las de Europa del Este, la Unión de Países Árabes o incluso el famoso intranet Vaticano. Numerosos países cuentan también con sus alt-nets de servidores descentralizados, concebidas por grupúsculos cripto-anarquistas, pero su funcionamiento todavía es demasiado opaco para el resto de la población.

En realidad, la obligación de utilizar permisos de acceso para cada red a convertido la navegación web internacional en una experiencia detestable. La mayoría de los utilizadores se contentan así de los servicios pre-instalados en sus dispositivos portátiles, comunicándose únicamente con su red local a través del internet verbal. Sin embargo, por unos centenares de monedas electrónicas, se pueden obtenir permisos diplomáticos alterados para acceder a las redes extranjeras, que son intercambiados en los mercados negros de la red. Incluso existirían pasarelas secretas conectando directamente las redes entre ellas, gubernamentales pero no oficiales, o bien inventadas por expertos de la conectividad conocidos popularmente bajo el nobre de golden riders.

Para la gente ordinaria con menos dinero y más paciencia, existen expediciones regulares de recogida de información que son organizadas regularmente por los organismos administrativos de cada sub-región. Paulo se ha inscrito en una visita de las Intranets del este de Asia, pero a debido esperar unos días a que el cupo se complete. Ahora, sólo dispone de unas horas para recoger información para sus investigaciones. Este método se supone que garantiza la seguridad de los visitantes, pero sin duda también sirve a vigilar mejor todas sus actividades. Desgraciadamente, esta fragmentación es menos significativa de un poder democrático cualquiera que de las ansias imperialistas de las nuevas grandes potencias, y produce por lo tanto el efecto perverso de aumentar los prejuicios nacionalistas. Paulo lo sabe, y envidia los días en los cuales la visión de las autopistas de la información atravesando el globo podía tocarse con las yemas de los dedos.

[EN] « Welcome to the Eastern Intranets » proclaims a glistening square in Paulo’s home navigator, which he looks as he chews some sugarcane dices. Since the first quarter of the XXIst century, internet is in a big phase of atomization, with several local attractors. It all started with the setting of a new parallel network linking the countries of South America, with the goal of reducing their connection dependency to the North. It also had the objective of trying to limit the spying of the North-american cyber-war machine against « terrorism » (in combination with the use of locally-brewed open-source software).

Nowadays, a huge cluster connects North America with Northern Europe and the Commonwealth countries, another one spreads from Africa towards the former colonizing nations, another covers the south of America and a fourth aggregate comprises the main Asian nations, apart from the enclosed intranets such as those in Easter Europe, the Arab Countries Union or even the famous Vatican intranet. Many countries also have their own alt-nets of distributed servers, conceived by small groups of crypto-anarchists, but their use is still too obscure for the rest of the population.

In fact, the need of using access permissions for each network has transformed international web navigation into a pitiful experience. Most users contempt themselves with the pre-installed services on their portable devices, communicating only with their local network through the verbal internet. However, for some hundred electronic coins, one can buy altered diplomatic permissions to access the foreign networks, that are exchanged on the net’s black markets. There would be even secret passages that connect directly the different networks, non-official but made by governments, or else invented by connectivity experts commonly known as golden riders.

For ordinary people with less money and more patience, there are regular information gathering expeditions that are regularly organized by the administration organisms of each sub-region. Paulo has signed in for a visit of the South-eastern Intranets, but he has had to wait for some days for the list of people to complete. Now, he only has some hours to gather all the information he needs for his research. This method is supposed to make sure the visitors are safe, but it doubtlessly also helps to track all their activities. Unfortunately, this fragmentation is less a result of any democratic power than of the imperialistic aims of the new super-powers, and has this way the negative effect of increasing nationalistic prejudice. Paulo knows it, and he lingers for the days when the vision of the information highways getting across the globe could be touched with the tips of the fingers.

Avant / Antes / Previously: Le futur de la Martinique.

L’image touristique

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[FR] Tout comme l’architecture des aéroports, le graphisme touristique a la douteuse capacité d’homogénéiser l’image des localités insulaires qu’il est censé promouvoir. Une almagame d’animaux et plantes tropicaux (cocotiers, récifs coralliens, perroquets et dauphins à la tout-va) cohabitent avec des cartes, des blasons, des fontes typographiques incohérentes et des effets 3D, souvent avec un rapport plus qu’anecdotique avec l’endroit en question. Ensemble, ils deviennent les clichés échangeables de l’imaginaire de l’exotisme.

[ES] Como la arquitectura de aeropuertos, el diseño gráfico turístico tiene el dudoso mérito de homogenizar la imagen de las localidades insulares que se supone que debe promover. Una almagama de animales y plantas tropicales (cocoteros, arrecifes coralinos, loros y delfines) cohabitan con mapas, escudos, fuentes tipográficas incoherentes y efectos en 3D, los cuales normalmente tienen una relación bastante anecdótica con el lugar en cuestión. Todos juntos, constituyen los clichés intercambiables del universo cultural del exotismo.

[EN] Along with airport architecture, touristic graphic design has the doubtful merit of homogenising the image of the island localities it’s supposed to promote. A combination of tropical animals and plants (palmtrees, coral reefs, parrots and dolphins) thrive among maps, shields, incoherent typefaces and 3D effects, which have a rather slight relation with each particular place. Together, they become the irrelevant clichés of the exotic cultural universe.