Le futur des loisirs

917brumesynthetique

[FR] Il est dix heures et le bar est quasiment rempli d’heureux travailleurs, profitant du fait que le lendemain est férié. La piste de danse est noire de monde même si presque personne ne suit réellement la musique. Les fêtards agitent leurs mains de manière synchronisée pour échanger leurs coordonnées, méthode qui a donné lieu à de nombreuses fuites de données personnelles ces derniers temps. Sur leurs corps, tout autour d’eux, des messages écrits, des images et des mélodies tourbillonnent comme des abeilles autour d’une ruche.

À présent, les frontières entre l’internet « social » et le « monde réel » ont éclaté. Avant, il était encore considéré comme impoli de passer la soirée à regarder ses messages sur son smartphone ; maintenant, grâce aux technologies de projection, tout le monde le fait, partout, tout le temps. D’ailleurs, le monopole dans le domaine des réseaux sociaux est fini, et quelques grands géants se partagent la grande majorité des usagers, créant ainsi des tribus opposées qui ont du mal à s’entendre.

Paulo Dresde entre en scène, et les haut-parleurs proches de l’entrée se mettent à jouer sa chanson préférée, qui fait un carton en Nouvelle Zélande. À gauche, il aperçoit une copine de son ancienne école, qui sirote un cocktail biodynamique sur le bar. Sur sa joue droite, son maquillage intelligent (qui peut afficher des centaines de couleurs) dessine un émoticône fâché, signalant qu’elle a passé une mauvaise journée. Il se dirige alors vers le fond du club, où il rencontre trois amis qu’il n’avait pas vus depuis quelques années. Il n’a pas besoin de se rappeler leurs noms, ceux-ci sont écrits dix centimètres au-dessus de leurs têtes en lettres brillantes. En lisant rapidement leurs profils publics, il découvre que l’un d’eux vient de changer de travail, ce qui lui permet d’initier la conversation. Ils sortent des bières fabriquées à la maison par l’un d’eux, qu’ils peuvent consommer légalement dans le bar après avoir payé une petite commission. Ils parlent alors des derniers buzz du net, qu’ils commencent à partager en pinçant les images flottantes avec les doigts et en les transférant vers l’espace personnel de leurs voisins.

[ES] Son las diez y el bar esta casi lleno de felices trabajadores, aprovechando que el día siguiente es festivo. La pista de baile está llena aunque en realidad casi nadie sigue la música. Los fiesteros agitan sus manos de forma sincronizada para intercambiar su información de contacto, un método que ha dado lugar a numerosas fugas de datos personales estos últimos tiempos. Sobre sus cuerpos, por todas partes alrededor de ellos, mensajes escritos, imágenes y melodías se arremolinan como abejas alrededor de una colmena.

Actualmente, las fronteras entre el internet « social » y el « mundo real » han estallado. Antes, todavía estaba considerado de mala educación pasar la noche leyendo sus mensajes en su smartphone; hoy, gracias a las tecnologías de proyección, todo el mundo lo hace, en todas partes, todo el tiempo. Por otro lado, el monopolio en el campo de las redes sociales se ha acabado, y unos cuantos gigantes se dividen la gran mayoría de los usuarios, creando así tribus opuestas que tienen dificultades para entenderse.

Paulo Dresde entra en escena, y los altavoces cercanos a la entrada se ponen a emitir su última canción favorita, que es todo un éxito en Nueva Zelanda. A la izquierda, vislumbra una amiga de su antigua escuela, que bebe a sorbitos un cóctel biodinámico en la barra. Sobre su mejilla derecha, su maquillaje inteligente (que puede mostrar cientos de colores) dibuja un emoticono enfadado, señal de que ha pasado un mal día. Paulo se dirige entonces hacia el fondo del club, donde encuentra tres amigos que no había visto desde hace unos años. No necesita acordarse se sus nombres, éstos están escritos a diez centímetros por encima de sus cabezas en letras brillantes. Leyendo rápidamente sus perfiles públicos, descubre que uno de ellos acaba de cambiar de trabajo, lo que le da pie para iniciar la conversación. Sacan cervezas fabricadas en casa por uno de ellos, que pueden consumir legalmente en el bar después de pagar una pequeña comisión. Entonces se ponen a hablar sobre los últimos éxitos de internet, que empiezan a intercambiarse pellizcando las imágenes flotantes con sus dedos y transferiéndolas al espacio personal de sus vecinos.

[ENG] It’s ten o’clock and the bar is almost full of happy workers, taking advantage of the fact that the next day is a public holiday. The dancefloor is full even if almost nobody is actually following the music. Party-goers shake their hands in a coordinated way to share their contact information, a method that has led to numerous personal data leaks in the last times. Over their bodies, all around them, written messages, images and melodies whirl like bees around a beehive.

At present, the frontiers between the « social » internet and the « real world » have exploded. Before, it was still considered as rude to spend all the evening checking messages in a smartphone; nowadays, thanks to projection technologies, everybody does it, everywhere, all the time. On the other side, the monopoly on the field of social networks has ended, and a few giants partake the vast majority of users, creating opposed tribes that have a hard time listening to each other.

Paulo Dresde appears into focus, and the loudspeakers start playing his most recent favorite song, that is a hit in New Zealand. On the left, he perceives one friend from his former school, who is sipping a biodynamic cocktail at the bar. On her right cheek, her intelligent makeup (that can display hundreds of colors) draws an angry emoticon, signaling that she has spent a bad day. He turns then towards the back of the club, where he finds three friends he has not seen since some years ago. He has no need of remembering their names, as they are written in bright letter ten centimeters above their heads. By rapidly reading their public profiles, he discovers that one of them has recently got a new job, which allows him to start the conversation. They take out home-made beers, that they can legally drink inside the bar after paying a small commission. Then they speak about the latest hits on the net, which they start sharing by pinching the floating images and by transferring them to each other’s personal spaces.

Avant / Previously / Before: Le futur de l’énergie.

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