Le logement temporaire au Japon après la catastrophe du 11 mars

[FR] Après avoir visité l’exposition Renaissance du Japon à l’Hotel de Ville de Paris, j’ai retenu quelques notions sur la question du logement temporaire comme réponse à un événement  catastrophique. À la suite du séisme et du tsunami qui ont ravagé les villes côtières le 11 mars 2011, les japonais se sont mis à la reconstruction avec une remarquable énergie et sens pratique, en développant des solutions créatives pour aider les citoyens les plus affectés et commencer à rétablir une situation de normalité. Voici quelques concepts intéressants :

– L’intimité, bien précieux des réfugiés : après avoir perdu leurs maisons, des nombreux japonais se sont vus obligés de se réfugier dans des bâtiments publics aménagés rapidement pour les recevoir. Dans cet ambiance communale, il est important de séparer les espaces d’habitation afin de réduire le stress. Des cloisons en carton ont été conçues par des architectes pour faire des partitions dans les aires de repos et ainsi créer un relatif sentiment d’intimité. Des refuges et même des toilettes en carton ont été déployés également dans les aires affectées.  Les designeurs ont employé tout leur esprit créatif dans les cas des structures destinées aux enfants, pour qu’ils puissent se les approprier et de cette manière les aider à survenir le choc psychologique de la catastrophe.

– La familiarité de la tradition : quelques solutions d’urgence, comme le onsen (bain japonais) du studio Koshiki, ressemblent et/ou sont fabriquées de la même manière que les constructions japonaises traditionnelles. Celles ci ont un double avantage : d’une part, elles permettent de conforter les réfugiés en adaptant des formes de l’environnement domestique aux structures d’accueil d’urgence. D’une autre part, elles permettent de récupérer des techniques de fabrication qui n’ont pas besoin de grands moyens technologiques. Par exemple, une chambre traditionnelle qui peut être créée sans avoir recours à des outils électriques sera toujours plus facile à développer dans une zone où le réseau électrique a été endommagé.

– Modulable, transportable, réutilisable : parfois ces projets font recours aux matériaux de construction locaux directement exploitables, comme pour les maisons temporaires en bois de Soichi Haryu. D’autres projets optent cependant pour une construction à distance (parfois même en dehors du pays) suivie par le transport des logements jusqu’à leur destination finale. Par exemple, l’Ex-container project, par Yasutaka Yoshimura Architects, fait usage de conteneurs industriels pour mettre en place des maisons dans leur intérieur. Ce studio avait décidé d’adapter leur méthode d’aménagement de conteneurs, qu’ils avaient déjà testé auparavant pour construire un hôtel, pour faire face à la demande de logements d’urgence. Quelques initiatives récupèrent le bois des arbres arrachés par le tsunami pour créer des objets, ou même comme bois à bruler pour le chauffage des refuges.

– La reconstruction durable : plutôt que de penser des solutions temporaires, d’autres concepteurs préfèrent se concentrer en la construction de maisons et bâtiments publics définitifs, qui pourraient être utilisés pour les années à venir. C’est le cas de ArchiAid, une équipe de plus de 200 architectes qui ont contribué à la planification d’un marché de poisson local à Ishinomaki, avec l’objectif de redémarrer l’activité les entreprises et producteurs locaux dans sa mise en œuvre, mais aussi de raviver le commerce de la zone. D’autres maisons ou même des villages sur la côte ont été repensés en prenant en compte tant les caractéristiques de la construction durable que la protection contre les tsunamis.

– Protection forestière : après le tsunami, les forêts de pins utilisés au Japon comme mesure pour réduire l’impact des vagues géantes étaient détruits. Pour les remplacer, le botaniste Akira Miyawaki propose la plantation de forêts multi-spécifiques en combinant des variétés d’arbres issues de la flore locale. Ces forêts seraient plantées sur des remparts côtiers fondés sur des débris provenant des bâtiments détruits par le tsunami (après avoir retiré les substances polluantes), de manière que son hauteur constituerait une protection additionnelle pour les populations de la côte. Après le passage de la vague du tsunami, ces arbres, plus résistants que les pins, pourraient également aider retenir les personnes et les biens emportés par les eaux dans leur retour vers la mer, et qui seraient restés sur leurs branches.

[ES] El alojamiento temporal en Japón después de la catástrofe del 11 de marzo

Después de visitar la exposición Renaissance du Japon en el ayuntamiento de París, me he quedado con algunas nociones sobre la cuestión del alojamiento de emergencia en respuesta a un acontecimiento catastrófico. Después del seismo y del tsunami que destruyeron las ciudades costeras el 11 de marzo de 2011, los japoneses han reconstruido su país con una notable energía y sentido común, desarrollando soluciones creativas para ayudar a los ciudadanos más afectados y comenzar a restablecer una situación de normalidad. He aquí algunos conceptos interesantes:

– La intimidad, bien preciado de los refugiados: después de perder sus casas, numerosos japoneses se vieron obligados a refugiarse en edificios públicos que fueron adaptados rápidamente para recibirles. En estos entornos comunales, es importante separar los espacios de habitación con el fin de reduir el estrés. Unas paredes de cartón, concebidas por arquitectos, fueron utilizadas para particionar las áreas de descanso y así crear una relativa sensación de intimidad. Refugios e incluso baños de cartón fueron enviados a las zonas más afectadas. Los diseñadores emplearon toda su imaginación para crear estructuras destinadas a los niños, que éstos pueden personalizar y apropiarse, ayudándoles a reducir la tensión psicológica de su situación.

– La familiaridad de la tradición: algunas soluciones de emergencia, como el onsen (baño japonés) del estudio Koshiki, tienen el mismo aspecto y/o están construidas de la misma manera que las construcciones japonesas tradicionales. Éstas presentan una doble ventaja: por un lado, permiten confortar a los refugiados, ya que sus formas reconocibles son más acogedoras que las de los refugios de emergencia habituales. Por otro lados, permiten recuperar técnicas tradicionales que no necesitan de grandes medios tecnológicos. Por ejemplo, un habitáculo japonés tradicional que puede ser construido sin necesidad de utilizar herramientas eléctricas puede ser más fácil de desarrollar en zonas en las que el suministro eléctrico es inconstante.

– Modulable, transportable, reutilizable: a veces, estos proyectos utilizan materiales de construccion locales directamente explotables, como es el caso de las casas temporales de madera de Soichi Haryu. Otras veces, la construcción puede realizarse a distancia (incluso fuera del país) y luego ser transportada a su destinación final. El Ex-container project, por Yasutaka Yoshimura Architects, utiliza contenedores industriales para transformarlos en casas. Este estudio de arquitectura decidió adaptar su método de tratamiento de contenedores, que ya habían utilizado anteriormente para construir un hotel, con el objetivo de suplir la demanda de alojamientos de emergencia. Ciertas iniciativas recuperan la madera de los árboles arrancados por el tsunami para construir objetos o incluso como leña para calentar los refugios.

– La reconstrucción sostenible: en vez de dedicarse a las soluciones temporales, otros conceptors prefieren concentrarse en la construcción de casas y edificios públicos definitivos, que podrían ser utilizados durante años. Éste es el caso de ArchiAid, un equipo de más de 200 arquitectos que han colaborado a la planificación de un mercado local de pescado en Ishinomaki, para así estimular la actividad de las empresas y productores locales en su fabricación, pero también de reavivar el comercio de la zona. Otras casas o incluso pueblos enteros han sido rediseñados teniendo en cuenta las características de la contrucción sostenible así como la protección contra los tsunamis.

– Protección forestal: después del tsnuami, los bosques de pino utilizados en Japón como medida para reducir el impacto de las olas gigantes habían sido barridos por las olas. Para reemplazarlos, el botánico Akira Miyawaki propone plantar bosques multi-específicos combinando variedades de árboles de la flora local. Estos bosques estarían plantados sobre montículos costeros hechos de escombros provenientes de los edificios destruidos por el tsunami (luego de haber retirado los residuos contaminantes), de manera que su altura constituya una protección adicional para las poblaciones de la costa. Después del pasaje de la ola del tsunami, estos árboles, más resistentes que los pinos, podrían también ayudar a recuperar las personas y los bienes arrastrados por las aguas en su retorno al mar, que habrían quedado atrapados sobre sus ramas.

[ENG] Temporary housing after the 11 mars disaster in Japan.

After visiting the Renaissance du Japon exhibition at the Paris City Hall, I wanted to keep some of the reflections I saw there about the issue of temporary housing as a response to a catastrophic event. In the year following the earthquake and the tsunami that devastated coastal towns the 11 march 2011; Japanese embarked in reconstruction with a remarkable energy and common sense, developing creative solutions for helping the most affected citizens and starting to retablish a stable situation. Here are some interesting concepts:

– Intimacy, a precious value for refugees: after loosing their homes, many Japanese were contraint to take shelter in public buildings that were quickly adapted to host them. In these collective rooms, it is important to separate living spaces so to reduce stress. Carton walls were conceived by architects to make partitions in the resting areas and create a relative intimacy feeling. Shelters and even carton toilets were equally deployed in affected areas. Designers employed their most creative side to imagine structures adapted to children, that they can customise and arrange, helping them overcome the psychological distress of their situation.

– Familiarity of tradition: some emergency solutions, like the onsen (japanese bath) of studio Koshiki, look like and/or are built the same way as traditional japanese craft. These present a double advantage: on the one hand, they allow to confort refugees by adapting recognisable domestic shapes to emergency facilities. On the other hand, they allow recovering traditional production techniques that do not require high technological means. For instance, a traditional room that does not need electrical tools to be built will always be easier to develope in zones where electrical supply is not constant.

– Modulable, transportable, reusable: some of these projects, such as the wooden houses by Soichi Haryu, make use of local, directly exploitable resources. Other projects involve off-site construction (even overseas) followed by the transport of the housing units until their final destination. For instance, the Ex-container project, by Yasutaka Yoshimura Architects, upcycles industrial containers into modular homes. This studio had decided to adapt their container treatment process, that they had already used before for building a hotel, to cope with the high emergency housing demand. Some initiatives include using the wood of the trees swept by the tsunamy for creating new objects or even using wood chips as burning material for heating.

– Sustainable reconstruction: instead of conceiving temporary solutions, some other planners prefer to concentrate in constructing lasting public buildings, that could be use for the years to come. This is the case of ArchiAid, a team of more than 200 architects that have contributed to planning a local fish market at Ishinomaki, with the goal of restarting the activity of local producers and companies, and also to recover trade on this area. Houses and even villages on the coast have been redesigned in order to follow sustainable building principles as well as increasing protection against tsunamis.

– Forest protection:  After the tsunami, pine forests used traditionally in Japan as a prevention measure against the impact of giant waves had been swept by the sea. In order to replace them, botanist Akira Miyawaki proposes the plantation of multi-specific forests that would combine selected species of the local flora. These forest would be planted on artificial mounds raised from debris from the buildings destroyed by the tsunami (after removing the polluting substances) so their height would constitute an additional protection for coastal populations. After a tsunami wave have had stroke; these trees, more resistant than pine trees, would equally help recover people and goods that would have been carried by the waters returning to the sea, and that would have been trapped in their branches.

Plus d’information / Más information / More information:

Architects Response to the 2011 Great Tohoku Earthquake and Tsunami (@1,000 World Architects Exhibition).

Proyectos y participantes (@anywheredoor).

Olive, wiki to share designs, food and ideas that help living in disaster areas.

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